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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/352

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


La même nuit baignait l’éternel horizon,
Et de ceux qui vaguaient dans la geôle des choses
Et tâchaient à s’enfuir de leurs cavernes closes,
Aucun ne s’évadait de la morne prison.

Seuls, les sages tuaient la volonté de vivre.
Aveugles aux lueurs que nul ne peut saisir,
Ils gagnaient, affranchis des chaînes du désir,
Le néant ineffable et la mort qui délivre.

Bienheureux qui savaient la fatigue des pas,
Bienheureux qui savaient le mirage des astres,
Bienheureux qui savaient la vie et les désastres :
Ils s’endormaient un jour et ne renaissaient pas.


III


La vision, vieillard, est morne et ridicule,
« Tu mourras. » — Et le roi Nabou-Koudour-Oussour,
Très juste, fit clouer au faîte d’une tour
La tête qui saignait dans l’or du crépuscule.





LIED




Je ne veux pas courber ma tête sous tes pas,
Ni baisser devant toi les yeux ; je ne suis pas
Un mendiant d’amour et d’aumônes charnelles,
Et la honte des pleurs ternirait mes prunelles.