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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/337

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LOUIS MARSOLLEAU.


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L’homme trompe, et la femme ment.
L’enfant dissimule ; le maître
Est féroce, et l’esclave est traître.
La bête est lâche, simplement.

La fleur est souvent vénéneuse ;
La pierre est un outil de mort ;
La griffe écorche, la dent mord,
La brise est une empoisonneuse.

Tout être se traîne, méchant,
Parmi de plus méchants encore.
Que font ces choses à l’aurore
Et qu’importe au soleil couchant !





OPHÉLIE



     Ophélie, avec des fleurs, bercée au flot,
S’en va, très pâle et trépassée, au fil de l’eau.

     Renversée, et ses cheveux traînant sur l’onde,
Ses froids yeux bleus perdus au ciel, fragile et blonde,

     Elle va, la bouche ouverte, laissant voir
Ses blanches dents. Le fleuve lent semble un miroir.