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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/321

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JULES BOISSIÈRE.


L’air du ciel nous imprègne et circule dans nous.
Il met dans le cerveau l’esprit en équilibre ;
Et quand il est passé, son souffle large et libre
Laisse la joie au cœur et la force aux genoux :
L’air du ciel nous imprègne et circule dans nous.

L’air met dans le cerveau l’esprit en équilibre.
Inspirateur des chants joyeux et des beaux vers,
C’est lui qui donne une âme à l’immense univers,
Sans lui lyre muette où nul souffle ne vibre.
Il met dans le cerveau l’esprit en équilibre.

Inspirateur des chants joyeux et des grands vers,
C’est lui qui nous donna l’amour de l’aventure,
Et qui nous conduira vers la terre future
Où s’en vont les oiseaux qui craignent les hivers
Meurtriers des refrains joyeux et des grands vers.

L’air pur nous mit au cœur l’amour de l’aventure ;
L’air pur t’emportera, bienheureux exilé,
Très loin, sur un cheval d’Afrique, échevelé,
Ouvrant pour respirer ta robe et ta ceinture,
Car il nous mit au cœur l’amour de l’aventure.

L’air pur du mois d’avril est un doux vêtement
Qui sur nos membres las s’enroule et se promène ;
Léger comme la soie et chaud comme la laine,
Enveloppe céleste où l’on rêve en dormant,
L’air pur du mois d’avril est un doux vêtement.


(Provensa !)