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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/303

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PAUL MARIÉTON.

Nous pouvons unir sans remords
À L’immortalité des âmes
La résurrection des corps !...


(La Viole d’Amour)





FINALE




Ceux qui liront ces vers où palpite mon âme,
Peut-être, ayant jugé que je suis un enfant
De m’être consumé pour l’amour d’une femme,
M’en voudront de toujours chanter le même chant.

Espoir, soupir, amour, c’est là toute ma lyre,
Et j’ai bien peu de mots pour la faire vibrer ;
Mais quand on n’a qu’une âme où verser son délire,
Faut-il donc plusieurs voix pour le faire pleurer ?...

Non ! non ! je ne suis pas ce qu’on nomme un poète,
Je n’ai jamais chanté que pour bercer mon cœur ;
Doux sont mes tristes vers, résignés sans tempête
Et dédaigneux du monde au sourire moqueur.

— Mes pauvres vers d’amour, je vous hais, je vous aime !
Je vous hais pour le mal qui vous donna le jour,
Je vous aime encor plus pour le repos suprême
Que je ne dois qu’à vous, mes pauvres vers d’amour !


(La Viole d’Amour)