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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/283

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STANISLAS DE GUAITA.

 
« Vois mes lacs bleus ! Vois mon ciel bleu ! Vois mes mers vertes !
« Les routes du bonheur, mon fils, te sont ouvertes :
« Deviens farouche et grand en voyant ma grandeur !
« Sous la voûte de mes forêts silencieuses
« Perds-toi ! Je sais guérir les âmes soucieuses...
« Et si, mon pauvre enfant, tu meurs inconsolé,
« Je t’ouvrirai mon sein, où dans ma paix sereine
« Tu dormiras, — où ma Majesté souveraine
« Drapera d’un linceul ton corps inviolé. »


*
*       *


Donc, c’est pour ta bonté, Nature, que je t’aime !
Louange à toi, Maîa protectrice ! — Anathème
Sur qui n’applaudit point à ton règne éternel !
Reçois mon humble encens !... Moi, frêle créature
Je t’admire et t’adore, et bénis, ô Nature,
Ton âme harmonieuse et ton cœur maternel !


(Rosa Mystica)