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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/241

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JACQUES MADELEINE.


Tristes jusqu’à la mort, les cieux
Étaient pleins dans la nuit profonde
De rêves défunts, et mes yeux
Ne voyaient plus ta tête blonde.


(L’Idylle éternelle)





SUR LA PLAGE




Blanches ailes des barques frêles,
Vois ces taches d’un ton plus clair
Sur le vert sombre de la mer :
Sont-ce des voiles ou des ailes ?

N’est-ce pas que l’une d’encre elles
Doit cingler — ô le rêve cher ! —
Vers une île adorable où l’air
Est tout peuplé de tourterelles.

Rêveuse qui les suis des yeux,
Veux-tu regarder tous les deux
La même voile, au loin, qui tremble ?

La seule extase sans rancœurs,
Le plus délicat des bonheurs,
C’est encor de rêver ensemble.





SILHOUETTE




Très droite sur vos pieds d’enfant
Que baise en y mourant la vague,
Le regard perdu dans le vague,
Vous aviez un air triomphant.