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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/115

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EUGÈNE GODIN.


Et, dans un globe lumineux,
J’ai vu des êtres formidables :
Des serpents, pareils à des câbles,
Remuant leurs anneaux haineux ;

Des bêtes horribles, des teignes
Au monstrueux hérissement,
Qui rappelaient exactement
La verte écorce des châtaignes.

Je distinguais, dans les rayons
Étincelants, des formes noires,
Cent variétés d’infusoires,
Des hydres et des vibrions,

Des punaises, des crocodiles,
Des animaux plats, longs ou courts :
Les uns vifs, remuant toujours,
Les autres toujours immobiles.

Un brusque enfer se dévoilait
Dans la faible goutte incolore :
C’était une hideuse flore
De monstres-plantes. C’était laid.


*
*       *


J’ai regardé l’âme à travers
La conscience, microscope :
Alors j’ai vu dans quels travers
La misérable s’enveloppe !