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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t3, 1888.djvu/46

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JOSÉ-MARIA DE HEREDIA


1842




José-Maria de Heredia est né le 22 novembre 1842 dans les montagnes de la Sierra Madre, proche Santiago de Cuba. Il a été élevé en France, au collège de Saint-Vincent, à Senlis, par de bons prêtres, excellents humanistes. Après un court séjour à l’Université de la Havane, il revint à Paris et suivit les cours de l’École des Chartes. Les études paléographiques développèrent en lui ce goût de l’exactitude et de la méthode qu’il devait plus tard concilier très heureusement avec le sentiment de la poésie et de l’art.

Il se lia bientôt avec Leconte de Lisle, et entra dans le groupe des poètes dits Parnassiens, où il se fit remarquer par l’éclatante plénitude de son style. Nul ne poussa aussi loin que lui le souci de la perfection plastique. Son œuvre se compose d’un certain nombre de morceaux épiques tels que Les Conquérants de l’Or, de tierces rimes et de sonnets d’une originalité puissante. On peut dire que M. José-Maria de Heredia a transformé ce petit poème à forme fixe et qu’il en a fait un usage nouveau. Tour à tour descriptif, mythologique, héroïque, il sait composer en quatorze vers des tableaux achevés, d’un merveilleux éclat. M. Jules Lemaître a pu dire très justement : « Chacun de ces sonnets suppose une longue préparation, et que le poète a vécu des mois dans le pays, dans le temps, dans le milieu particulier que ces deux quatrains et ces deux tercets ressuscitent. Chacun d’eux résume à la fois beaucoup de