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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t3, 1888.djvu/184

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ÉMILE BERGERAT


1845-1877




Émile Bergerat est né à Paris le 29 avril 1845. Il débuta dans les lettres à dix-neuf ans par une comédie en vers, au Théâtre-Français, qui réussit. Tempérament très artiste, il a abordé à peu près tous les genres littéraires, poésie, théâtre, roman, critique d’art, chroniques, et sa réputation s’est faite de la multiplicité même de ses recherches. Malgré le succès considérable de ses chroniques de Caliban, au Figaro, le don théâtral paraît être sa dominante.

Comme poète, il a donné les Poèmes de la Guerre, recueil d’odes et d’élégies patriotiques écrites pendant le siège de Paris, récitées à la Comédie Française, et dont quelques-unes ont atteint et conservé la popularité. De ce nombre, il convient de citer Les Cuirassiers de Reichshoffen et Le Maître d’École, ce dernier ouvrage surtout, dont un autre poète a écrit qu’il était « le plus beau cri de douleur quait poussé la patrie française pendant son martyre de 1870. »

Depuis cette époque, M. Émile Bergerat, à demi submergé dans une production presque quotidienne de journaliste militant, n’a plus donné à la poésie que le poème intitulé : Enguerrande, par lequel il affirme ses convictions shakespeariennes, et qui, a dit Théodore de Banville, renferme des « scènes ardentes, extasiées, lyriques et symétriques parfois, où le mot, avec sa force virtuelle et avec tous ses artifices, se mêle, se tresse et se retourne en cent façons pour exprimer l’inexprimable ; où la magicienne