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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t2, 1887.djvu/93

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CHARLES BAUDELAIRE

1821-1867


Charles Baudelaire, naquit à Paris en 1821. En 1857 il publia son volume de vers les Fleurs du Mal. Parmi ses œuvres en prose les plus justement appréciées, on peut citer les Paradis artificiels et les Histoires extraordinaires.

« Baudelaire, dit Sainte-Beuve, a trouvé moyen de se bâtir, à l’extrémité d’une langue de terre réputée inhabitable, un kiosque bizarre, mais coquet et mystérieux, où l’on récite des sonnets exquis, où l’on prend de l’opium et mille drogues abominables dans des tasses d’une porcelaine achevée. Ce singulier kiosque, fait en marqueterie, d’une originalité concertée et composite, qui depuis quelque temps attire les regards à la pointe extrême du Kamtchatka romantique, j’appelle cela la Folie Baudelaire. »

À côté de cette fantaisie narquoise du maître critique, rapportons ces quelques mots adressés au poète par Victor Hugo :

« Vous dotez le ciel de l’art d’on ne sait quel rayon macabre ; vous créez un frisson nouveau. »

Le nom de Baudelaire évoque dans notre pensée quelque chose de bizarre, d’étrange et de funèbre comme la danse des morts de Hans Holbein ou les sombres chapitres d’Edgar Poë. C’est un génie de la même famille, hanté des esprits noirs. Il a souvent abusé du haschisch pour avoir des visions, comme les fameux disciples du Vieux de la Montagne. Ces causes peuvent très bien expliquer à la longue l’espèce de trouble cérébral qui a dû hâter sa fin.