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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t2, 1887.djvu/221

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JULES BRETON


1827




Jules Breton, né en 1827, était déjà un peintre éminent quand, vers 1870, il se fit écolier en poésie. — Il compte aujourd’hui parmi les poètes.

Peintre et poète, il est le même homme ; il a le même sentiment de la nature. Glaneuses, Moissonneuses et Filles de pêcheurs, Danse de la Saint-Jean d’Été, Procession dans les blés, le monde de ses tableaux est le monde de ses poèmes. L’amour des belles formes, des beaux aspects naturels est profondément enraciné en lui.

Il a nommé son premier livre : Les Champs et la Mer. Il l’a partagé en effet entre les plaines de l’Artois, où il est né, et les grèves bretonnes, où il est tant de fois allé chercher des idées et des types.

« À une époque, écrit Mme Daudet, où les littérateurs se préoccupent tellement de l’art de peindre qu’ils lui empruntent des procédés, des termes particuliers, il est curieux de voir les peintres entrer dans le domaine de la poésie avec cet éternel souci de la couleur qui peut leur devenir en littérature une qualité ou un écueil. Disons tout de suite que c’est le plus grand charme du livre de poésies de M. Jules Breton : Les Champs et la Mer. On ressent à le feuilleter une impression complexe, et il y a certaines de ses pièces formant si bien tableau qu’on s’arrête pour laisser passer l’image ; il faut lire les Glaneuses, les Deux Croix et le poème du Pardon : un long défilé de costumes bretons, de mendiants bariolés, de bannières flottant comme des petites voiles sur cet horion de mer qui