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une faiblesse, est plus fort que la force de tous les hommes.

26 Considérez, mes frères, qui sont ceux d’entre vous qui ont été appelés à la foi : il y en a peu de sages selon la chair, peu de puissants, et peu de nobles.

27 Mais Dieu a choisi les moins sages selon le monde, pour confondre les sages ; il a choisi les faibles selon le monde, pour confondre les puissants ;

28 il a choisi les plus vils et les plus méprisables selon le monde, et ce qui n’était rien, pour détruire ce qui était de plus grand ;

29 afin que nul homme ne se glorifie devant lui.

30 C’est par lui que vous êtes établis en Jésus-Christ, qui nous a été donné de Dieu pour être notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption ;

31 afin que, selon qu’il est écrit, celui qui se glorifie, ne se glorifie que dans le Seigneur.



POUR moi, mes frères, lorsque je suis venu vers vous pour vous annoncer l’Evangile de Jésus-Christ, je n’y suis point venu avec les discours élevés d’une éloquence et d’une sagesse humaine.

2 Car je n’ai point fait profession de savoir autre chose parmi vous que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.

3 Et tant que j’ai été parmi vous, j’y ai toujours été dans un état de faiblesse, de crainte et de tremblement.

4 Je n’ai point employé en vous parlant et en vous prêchant, les discours persuasifs de la sagesse humaine, mais les effets sensibles de l’Esprit et de la vertu de Dieu ;

5 afin que votre foi ne soit pas établie sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

6 Nous prêchons néanmoins la sagesse aux parfaits, non la sagesse de ce monde, ni des princes de ce monde, qui se détruisent :

7 mais nous prêchons la sagesse de Dieu, renfermée dans son mystère, cette sagesse cachée qu’il avait prédestinée et préparée avant tous les siècles pour notre gloire ;

8 que nul des princes de ce monde n’a connue, puisque s’ils l’eussent connue, ils n’eussent jamais crucifié le Seigneur de la gloire ;

9 et de laquelle il est écrit : Que l’œil n’a point vu, que l’oreille n’a point entendu, et que le cœur de l’homme n’a jamais conçu ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment.

10 Mais pour nous, Dieu nous l’a révélé par son Esprit, parce que l’Esprit de Dieu pénètre tout, et même ce qu’il y a de plus caché dans la profondeur de Dieu.

11 Car qui des hommes connaît ce qui est en l’homme, sinon l’esprit de l’homme, qui est en lui ? Ainsi nul ne connaît ce qui est en Dieu, que l’Esprit de Dieu.

12 Or nous n’avons point reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit de Dieu, afin que nous connaissions les dons que Dieu nous a faits ;

13 et nous les annonçons, non avec les discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux que le Saint-Esprit enseigne, traitant spirituellement les choses spirituelles.

14 Or l’homme animal n’est point capable des choses qui sont de l’Esprit de Dieu : elles lui paraissent une folie, et il ne peut les comprendre ; parce que c’est par une lumière spirituelle qu’on doit en juger.

15 Mais l’homme spirituel juge de tout, et n’est jugé de personne.

16 Car qui connaît l’Esprit du Seigneur et qui peut l’instruire et le conseiller ? Mais pour nous, nous avons l’Esprit de Jésus-Christ.



AUSSI, mes frères, je n’ai pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des personnes encore charnelles, comme à des enfants en Jésus-Christ.

2 Je ne vous ai nourris que de lait, et non de viandes solides, parce que vous n’en étiez pas capables ; et à présent même vous ne l’êtes pas encore, parce que vous êtes encore charnels.

3 Car puisqu’il y a parmi vous des jalousies et des disputes, n’est-il pas visible que vous êtes charnels, et que votre conduite est bien humaine ?

4 En effet, puisque l’un dit, Je suis à Paul ; et l’autre, Je suis à Apollon ; n’êtes-vous pas encore charnels ? Qu’est donc Paul ? et qu’est Apollon ?

5 Ce sont des ministres de celui en qui vous avez cru, et chacun selon le don qu’il a reçu du Seigneur.

6 C’est moi qui ai planté, c’est Apollon qui a arrosé ; mais c’est Dieu qui a donné l’accroissement.

7 Ainsi celui qui plante, n’est rien ; celui qui arrose, n’est rien : mais tout vient de Dieu, qui donne l’accroissement.

8 Celui donc qui plante, et celui qui arrose, ne sont qu’une même chose ; mais chacun recevra sa récompense particulière, selon son travail.

9 Car nous sommes les coopérateurs de Dieu ; et vous, vous êtes le champ que Dieu cultive, et l’édifice que Dieu bâtit.

10 Pour moi, selon la grâce que Dieu m’a donnée, j’ai jeté le fondement comme fait un sage architecte : un autre bâtit dessus ; mais que chacun prenne garde comment il bâtit sur ce fondement.