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soixante hommes des plus vaillants d’entre les forts d’Israël,

8 qui portent tous des épées, qui sont très-expérimentés dans la guerre : chacun d’eux a l’épée au côté, à cause des surprises qu’on peut craindre durant la nuit.

9 Le roi Salomon s’est fait une litière de bois du Liban :

10 il en a fait les colonnes d’argent, et le reposoir d’or ; les degrés pour y monter sont de pourpre ; et il a orné le milieu de tout ce qu’il y a de plus aimable, en faveur des filles de Jérusalem.

11 Sortez, filles de Sion, et venez voir le roi Salomon avec le diadème dont sa mère l’a couronné le jour de ses noces, le jour où son cœur a été comblé de joie.



L’ÉPOUX.


QUE vous êtes belle, ma bien-aimée ! que vous êtes belle ! Vos yeux sont comme ceux des colombes, sans ce qui est caché au dedans. Vos cheveux sont comme des troupeaux de chèvres qui sont montées sur la montagne de Galaad.

2 Vos dents sont comme des troupeaux de brebis tondues, qui sont montées du lavoir, et qui portent toutes un double fruit, sans qu’il y en ait de stériles parmi elles.

3 Vos lèvres sont comme une bandelette d’écarlate ; votre parler est agréable. Vos joues sont comme une moitié de pomme de grenade, sans ce qui est caché au dedans.

4 Votre cou est comme la tour de David, qui est bâtie avec des boulevards : mille boucliers y sont suspendus, et toutes les armes des plus vaillants.

5 Vos deux mamelles sont comme deux petits jumeaux de la femelle d’un chevreuil, qui paissent parmi les lis.

6 Jusqu’à ce que le jour commence à paraître, et que les ombres se retirent, j’irai à la montagne de la myrrhe, et à la colline de l’encens.

7 Vous êtes toute belle, ma bien-aimée, et il n’y a point de tache en vous.

8 Venez du Liban, mon épouse, venez du Liban, venez, vous serez couronnée : venez de la pointe du mont Amana, du haut des monts Sanir et Hermon, des cavernes des lions, et des montagnes des léopards.

9 Vous avez blessé mon cœur, ma sœur, mon épouse, vous avez blessé mon cœur par un de vos yeux, et par un cheveu de votre cou.

10 Que vos mamelles sont belles, ma sœur, mon épouse ! Vos mamelles sont plus agréables que le vin, et l’odeur de vos parfums passe celle de tous les aromates.

11 Vos lèvres, ô mon épouse ! sont comme un rayon d’où distille le miel ; le miel et le lait sont sous votre langue, et l’odeur de vos vêtements est comme l’odeur de l’encens.

12 Ma sœur, mon épouse, est un jardin fermé ; elle est un jardin fermé, et une fontaine scellée.

13 Vos plants forment comme un jardin de délices, rempli de pommes de grenade, et de toutes sortes de fruits, de cypre et de nard ;

14 le nard et le safran, la canne aromatique et le cinnamome, avec tous les arbres du Liban, s’y trouvent, aussi bien que la myrrhe, l’aloès, et tous les parfums les plus excellents.

15 C’est là qu’est la fontaine des jardins, et le puits des eaux vivantes, qui coulent avec impétuosité du Liban.

16 Levez-vous, aquilon ; venez, vent du midi : soufflez de toutes parts dans mon jardin, et que les parfums en découlent.



L’ÉPOUSE.


QUE mon bien-aimé vienne dans son jardin, et qu’il mange du fruit de ses arbres.


L’ÉPOUX.


Je suis venu dans mon jardin, ma sœur, mon épouse : j’ai recueilli ma myrrhe avec mes parfums ; j’ai mangé le rayon avec mon miel ; j’ai bu mon vin avec mon lait. Mangez, mes amis, et buvez ; enivrez-vous, vous qui êtes mes très-chers amis.


L’ÉPOUSE.


2 Je dors, et mon cœur veille : j’entends la voix de mon bien-aimé qui frappe à ma porte, disant : Ouvrez-moi, ma sœur, ma bien-aimée, ma colombe, vous qui êtes mon épouse sans tache ; parce que ma tête est toute chargée de la rosée du soir, et mes cheveux des gouttes d’eau qui tombent pendant la nuit.

3 Je me suis dépouillée de ma robe ; comment la revêtirai-je ? J’ai lavé mes pieds ; comment pourrai-je les salir de nouveau ?

4 Mon bien-aimé passa sa main par l’ouverture de la porte, et mes entrailles furent émues au bruit qu’il fit.

5 Je me levai alors pour ouvrir à mon bien-aimé : mes mains étaient toutes dégouttantes de myrrhe, et mes doigts étaient pleins de la myrrhe la plus précieuse.

6 J’ouvris ma porte à mon bien-aimé, en ayant tiré le verrou ; mais il s’en était déjà allé, et il avait passé ailleurs. Mon âme s’était comme fondue au son de sa voix : je le cherchai, et je ne le trouvai point ; je l’appelai, et il ne me répondit point.