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2 Un des grands de la cour, sur la main duquel le roi s’appuyait, répondit à l’homme de Dieu : Quand le Seigneur ferait pleuvoir des vivres du ciel, ce que vous dites pourrait-il être ? Elisée lui répondit : Vous le verrez de vos yeux, et vous n’en mangerez point.

3 Or il y avait près de la porte de la ville quatre lépreux qui se dirent l’un à l’autre : Pourquoi demeurons-nous ici, où nous ne pouvons attendre que la mort ?

4 Soit que nous entrions dans la ville, nous mourrons de faim ; soit que nous demeurions ici, nous ne pouvons éviter la mort. Allons-nous-en donc au camp des Syriens, et rendons-nous à eux. S’ils ont pitié de nous, nous vivrons ; et s’ils veulent nous tuer, nous mourrons comme nous ferions ici.

5 Ils partirent donc le soir pour aller au camp des Syriens. Et étant venus à l’entrée du camp, ils ne trouvèrent personne.

6 Car le Seigneur avait fait entendre dans le camp des Syriens un grand bruit comme de chariots, de chevaux, et d’une armée innombrable ; et les Syriens l’entendant s’étaient dit l’un à l’autre : Le roi d’Israël a fait venir à son secours contre nous les rois des Héthéens et des Egyptiens, et les voilà qui viennent tous fondre sur nous.

7 Et en même temps ils avaient tous fui pendant la nuit, abandonnant dans leur camp leurs tentes, leurs chevaux et leurs ânes, et tous s’en étaient allés ça et là, ne pensant qu’à sauver leur vie.

8 Ces lépreux étant donc venus à l’entrée du camp des Syriens, entrèrent dans une tente, où ils mangèrent et burent : et ayant pris de l’argent, de l’or et des vêtements, ils s’en allèrent les cacher ; et étant retournés, ils entrèrent dans une autre tente, et en emportèrent de même diverses choses qu’ils cachèrent.

9 Alors ils se dirent l’un à l’autre : Nous ne faisons pas bien : car ce jour est un jour de bonne nouvelle. Si nous demeurons dans le silence, et si nous n’en donnons point avis avant demain matin, on nous en fera un crime. Allons donc porter cette nouvelle à la cour du roi.

10 Lorsqu’ils furent venus à la porte de la ville, ils parlèrent à ceux qui étaient en garde, et leur dirent : Nous avons été au camp des Syriens, et nous n’y avons pas trouvé un seul homme, mais seulement des chevaux et des ânes qui y sont liés, et leurs tentes qui y sont encore dressées.

11 Les gardes de la porte allèrent au palais du roi, et ils firent entendre cette nouvelle à ceux du dedans.

12 En même temps le roi se leva, quoiqu’il fût nuit, et dit à ses officiers : Je vois bien le dessein des Syriens contre nous. Comme ils savent que la faim nous presse, ils sont sortis de leur camp et se sont cachés quelque part à la campagne, en disant : Ils sortiront de la ville, et alors nous les prendrons vifs, et nous entrerons sans peine dans la ville.

13 L’un des serviteurs du roi lui répondit : Il y a encore cinq chevaux qui sont restés seuls de ce grand nombre qui était dans Israël, tous les autres ayant été mangés ; prenons-les, et envoyons des gens pour connaître l’état des ennemis.

14 On amena donc deux chevaux. Et le roi envoya deux hommes dans le camp des Syriens, et leur dit : Allez et voyez.

15 Ils allèrent donc après les Syriens jusqu’au Jourdain, et ils trouvèrent que tous les chemins étaient pleins de vêtements et d’armes que les Syriens avaient jetés dans le trouble où ils étaient ; et les coureurs étant revenus, en rendirent compte au roi.

16 Le peuple aussitôt sortit de la ville, et pilla le camp des Syriens ; et la mesure de pure farine fut vendue un sicle, et on donna pour un sicle deux mesures d’orge, selon la parole du Seigneur.

17 Or le roi avait mis à la porte de la ville cet officier sur la main duquel il avait coutume de s’appuyer, et la foule du peuple fut si grande à l’entrée de la porte de la ville, qu’il fut étouffé, et mourut, selon que l’homme de Dieu le lui avait prédit, lorsque le roi vint le trouver chez lui.

18 C’est ainsi que fut accompli ce qu’avait prédit l’homme de Dieu, lorsqu’il dit au roi : Demain à cette même heure, on donnera à la porte de Samarie pour un sicle deux mesures d’orge, et la mesure de pure farine ne vaudra qu’un sicle ;

19 et lorsque cet officier ayant dit à l’homme de Dieu, Quand le Seigneur ferait pleuvoir des vivres du ciel, ce que vous dites pourrait-il être ? l’homme de Dieu lui répondit, Vous le verrez de vos yeux, et vous n’en mangerez point.

20 Car ce qu’Elisée avait prédit lui arriva : et le peuple l’ayant foulé aux pieds, il mourut à la porte de la ville.



OR Elisée avait parlé à cette femme dont il avait ressuscité le fils, et il lui avait dit : Allez-vous-en, vous et votre famille, et sortez de votre pays pour demeurer partout où vous pourrez : car le Seigneur a appelé la famine, et elle viendra sur la terre d’Israël pendant sept ans.

2 Cette femme fit donc ce que l’homme de Dieu lui avait dit : elle s’en alla avec sa famille hors de son pays, et demeura longtemps dans la terre des Philistins.

3 Après que les sept années de famine furent passées, cette femme revint du