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Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/310

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I



Depuis qu’au joug de fer blanche esclave enchaînée,
Hellas avait fini sa belle destinée,
Et qu’un dernier soupir, un souffle harmonieux
Avait mêlé son ombre aux ombres de ses Dieux,
Le César, dévoré d’une soif éternelle,
Tarissait le lait pur de l’antique Cybèle.
Pâle, la main sanglante et le cœur plein d’ennuis,
D’une vague terreur troublant ses longues nuits,
Il écoutait, couché sur la pourpre romaine,
Dans un sombre concert gémir la race humaine ;
Et, tandis que la Louve aux mamelles d’airain
Dormait, le dos ployé sous son pied souverain,
Il affamait, hâtant les jours expiatoires,