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Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/248

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Mieux que l’aigle chasseur, familier de la nue,
Homme ! monte par bonds dans l’air resplendissant.
La vieille terre, en bas, se tait et diminue.

Monte. Le clair abîme ouvre à ton vol puissant
Les houles de l’azur que le soleil flagelle.
Dans la brume, le globe, en bas, va s’enfonçant.

Monte. La flamme tremble et pâlit, le ciel gèle,
Un crépuscule morne étreint l’immensité.
Monte, monte et perds-toi dans la nuit éternelle :

Un gouffre calme, noir, informe, illimité,
L’évanouissement total de la matière
Avec l’inénarrable et pleine cécité.