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Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/208

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Une rose lueur s’épand par les nuées ;
L’horizon se dentelle, à l’Est, d’un vif éclair ;
Et le collier nocturne, en perles dénouées,
          S’égrène et tombe dans la mer.

Toute une part du ciel se vêt de molles flammes
Qu’il agrafe à son faîte étincelant et bleu.
Un pan traîne et rougit l’émeraude des lames
          D’une pluie aux gouttes de feu.

Des bambous éveillés où le vent bat des ailes,
Des letchis au fruit pourpre et des cannelliers
Pétille la rosée en gerbes d’étincelles,
          Montent des bruits frais, par milliers.