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HÉLÈNE.

Qui dédaignes Éros et qu’Athènes révère,
Vierge auguste, guerrière au casque étincelant,
Du parjure odieux garde mon cœur tremblant.
Et toi, don d’Aphrodite, ô flamme inassouvie,
Apaise tes ardeurs qui dévorent ma vie !


LE CHŒUR DE FEMMES.


Daigne sourire encore, et te plaire à nos jeux,
Reine ! tu reverras ton époux courageux.
Déjà sur la mer vaste une propice haleine
Des bondissantes nefs gonfle la voile pleine,
Et les rameurs courbés sur les forts avirons
D’une mâle sueur baignent à flots leurs fronts.


HÉLÈNE.


Chante donc, et saisis ta lyre tutélaire,
Préviens des Immortels la naissante colère,
Doux et sage vieillard, dont les chants cadencés
Calment l’esprit troublé des hommes insensés.
Verse au fond de mon cœur, chantre de Maionie,
Ce partage des Dieux, la paix et l’harmonie.
Filles de Sparte, et vous, compagnes de mes jours,
De vos bras caressants entourez-moi toujours.


DÉMODOCE.


Terre au sein verdoyant, mère antique des choses,
Toi qu’embrasse Océan de ses flots amoureux,
Agite sur ton front tes épis et tes roses !
Ô fils d’Hypérion, éclaire un jour heureux !