Page:Leconte - Le Bouclier d’Arès, 1897.djvu/161

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Et cependant le vent triste des nuits disperse
Leurs cadavres roidis aux épaves noués,
Et la vorace mer roule en ses plis muets
Les flottes du Liban et les armes du Perse.

La colère des flots victorieux décroît :
Et le Dieu protecteur des galères hellènes,
Poséidôn se lève et contemple ses plaines
Que jonche le désastre immense du Grand Roi.

Tempêtes qui fuyez ce soir l’Ile divine,
Portez vers le Dompteur ancien des vastes eaux
L’hymne éclatant, jailli de nos trois cents vaisseaux
Que berce en frissonnant la mer de Salamine.