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même caractère âpre et brutal. Cette fois encore l’épisode atteignit son paroxysme en quelques heures, et ne put s’exprimer qu’à la manière d’un scénario dénué de toute psychologie et, en apparence, de toute logique.

À Toulouse, Raoul s’enquit auprès des gens de l’hôtel où la jeune fille suivit ses compagnons, et il apprit que ces voyageurs faisaient partie de la troupe en tournée de Léonide Balli, chanteuse d’opérette, qui, le soir même, jouait Véronique au théâtre municipal.

Il se mit en faction. À trois heures, la jeune fille sortit, l’air très agité, tout en regardant derrière elle, comme si elle eût craint que quelqu’un ne sortît également et ne l’espionnât. Était-ce de son complice Guillaume qu’elle se défiait ? Elle courut ainsi jusqu’au bureau de poste, où elle griffonna d’une main fébrile un télégramme trois fois recommencé.

Après son départ, Raoul put se procurer une des feuilles chiffonnées, et il lut :

Hôtel Miramare, Luz (Hautes-Pyrénées). — Arriverai demain premier train. Prévenez maison.

— Que diable va-t-elle faire en pleine montagne à cette époque ? murmura-t-il. Prévenez maison… Est-ce que sa famille habite Luz ?

Il reprit sa poursuite avec précaution et la vit entrer au théâtre municipal, sans doute pour assister à la répétition de la troupe.

Le reste de la journée, il surveilla les abords du théâtre. Mais elle n’en