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serait foudroyante. Il se laissa donc entortiller dans un jeu de couvertures et de draps qui l’étouffaient à moitié et lui interdisaient toute espèce de mouvement.

— Voilà, dit Raoul, quand il eut fini. Nous sommes bien d’accord. Voilà. J’estime que tu seras délivré demain matin, vers neuf heures, ce qui nous donne le temps, à toi de réfléchir, à la demoiselle, à Guillaume et à moi de nous mettre à l’abri, chacun de notre côté.

Il fit sa valise sans se presser, et la boucla. Puis il alluma une allumette et brûla les quatre lettres de l’Anglaise.

— Un mot encore, Rodolphe. N’embête pas lord Bakefield. Au contraire, puisque tu n’as pas de preuves contre sa fille, et que tu n’en auras jamais, joue au monsieur providentiel, et donne-lui le journal intime de miss Bakefield, que j’ai recueilli dans la sacoche de cuir jaune et que je te laisse. Le père aura ainsi la conviction que sa fille était la plus honnête et la plus noble des femmes. Et tu auras fait du bien. C’est quelque chose. Quant à Guillaume et à sa complice, dis à l’Anglais que tu t’es trompé, qu’il s’agit d’un vulgaire chantage qui n’a rien à voir avec le crime du rapide, et que tu les as relâchés. D’ailleurs, en principe, laisse cette affaire qui est beaucoup trop compliquée pour toi, et où tu ne trouveras que plaies et bosses. Adieu, Rodolphe.

Raoul emporta la clef et se rendit au bureau de l’hôtel, où il demanda sa note en disant :