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dans l’appartement. Lord Bakefield se posta sur un banc, bien en vue, et non loin d’une grille ouverte par où le jardin communiquait avec le dehors.

De sa fenêtre, Raoul veillait.

— Si elle vient, tant pis pour elle ! murmura-t-il. Tant pis ! Je ne lèverai pas le petit doigt pour la secourir.

Il se sentit soulagé quand il vit apparaître Guillaume seul, qui avançait avec précaution vers la grille.

La rencontre eut lieu entre les deux hommes. Elle fut brève, les conditions du marché ayant été fixées au préalable. Ils se dirigèrent aussitôt du côté de l’appartement, l’un et l’autre silencieux, Guillaume mal assuré et inquiet, lord Bakefield secoué de mouvements nerveux.

Au haut du perron, l’Anglais prononça :

— Entrez, monsieur. Je ne veux pas être mêlé à toutes ces saletés. Mon secrétaire est au courant et vous paiera les lettres si leur contenu est tel que vous l’affirmez.

Il s’en alla.

Raoul s’était mis à l’affût derrière le battant matelassé. Il attendait le coup de théâtre, mais il comprit aussitôt que Guillaume ne connaissait pas Marescal, et que celui-ci devait passer à ses yeux pour le secrétaire de lord Bakefield. Le policier, en effet, que Raoul entrevoyait dans une glace, articula nettement :

— Voici les cinquante billets de mille francs, et un chèque de même importance valable sur Londres. Vous avez les lettres ?