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qu’ils ont pris la fuite dans la voiture même du docteur. Mais jusqu’où ? Au petit matin, le cheval ramenait la voiture à travers champs. En tout cas, Marescal, lui, n’hésite point : il arrache le masque du plus jeune bandit et dénonce sans pitié une jeune et jolie femme, dont il ne donne pas toutefois le signalement, se réservant ainsi le mérite d’une arrestation sensationnelle et prochaine.

3° Les deux hommes assassinés sont identifiés. C’étaient deux frères, Arthur et Gaston Loubeaux, associés pour le placement d’une marque de champagne, et domiciliés à Neuilly sur les bords de la Seine.

4° Un point important : le revolver avec lequel ces deux frères ont été tués, et qui fut trouvé dans le couloir, fournit une indication formelle. Il avait été acheté quinze jours auparavant par un jeune homme, mince et grand, que sa compagne, une jeune femme voilée, appelait Guillaume.

5° Enfin, miss Bakefield. Contre elle aucune accusation. Marescal, démuni de preuves, n’ose pas se risquer et garde un silence prudent. Simple voyageuse, mondaine très répandue à Londres et sur la Riviera, elle rejoint son père à Monte-Carlo. Voilà tout. L’a-t-on assassinée par erreur ? Possible. Mais pourquoi les deux Loubeaux furent-ils tués ? Là-dessus et sur tout le reste, ténèbres et contradictions.

— Et comme je ne suis pas d’humeur, conclut Raoul, à me creuser la tête, n’y pensons plus, laissons la police patauger à son aise, et agissons.