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ter l’aventure. Donc à nous le violon brisé !

Il retourna vers la petite porte vermoulue, à un endroit où il avait remarqué que le mur offrait des aspérités qui en facilitaient l’escalade. De fait il le franchit aisément et se dirigea vers la maison par des sentiers à peine entretenus. Toutes les portes-fenêtres du rez-de-chaussée étaient ouvertes. Celle du vestibule le conduisit à l’escalier en haut duquel se trouvait le belvédère. Mais il n’avait pas posé le pied sur la première marche qu’un timbre électrique retentit.

— Fichtre, se dit-il, la maison est-elle truquée ? Est-ce que le comte se méfie ?

Le timbre qui retentissait dans le vestibule, ininterrompu et horripilant, s’arrêta net lorsque Raoul eut bougé. Désireux de se rendre compte, il examina l’appareil de sonnerie qui était fixé près du plafond, suivit le fil qui descendait le long de la moulure, et constata qu’il arrivait du dehors. Donc le déclenchement ne s’était pas produit par sa faute, mais par suite d’une intervention extérieure.

Il sortit. Le fil courait en l’air, assez haut, suspendu de branche en branche, et selon la direction qu’il avait, lui, prise en venant. Sa conviction fut aussitôt faite.

— Quand on ouvre la petite porte vermoulue, le timbre est mis en action. Par conséquent, quelqu’un a voulu entrer, puis y a renoncé en percevant le bruit lointain de la sonnerie.