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soin de débrouiller une affaire à laquelle il ne saisit pas grand-chose. Il hocha la tête, et prononça, en bâillant :

— Amusez-vous, monsieur le commissaire. Pour moi, je vous avouerai que toutes ces émotions m’ont diablement démoli et qu’une heure ou deux de repos…

— Prenez-les, approuva Marescal. N’importe quel compartiment vous servira de couchette… Tenez celui-ci… Je veillerai à ce que personne ne vous dérange… et quand j’aurai fini, je viendrai m’y reposer à mon tour.

Raoul s’enferma, tira les rideaux et voila le globe lumineux. À ce moment, il n’avait pas une idée nette de ce qu’il voulait faire. Les événements, très compliqués, ne prêtaient pas encore une solution réfléchie, et il se contenterait d’épier les intentions de Marescal et de résoudre l’énigme de sa conduite.

— Toi, mon pommadé, se disait-il, je te tiens. Tu es comme le corbeau de la fable : avec des louanges on te fait ouvrir le bec. Du mérite, certes, du coup d’œil. Mais trop bavard. Quant à mettre en cage l’inconnue et son complice, ça m’étonnerait beaucoup. C’est là une entreprise dont il faudra que je m’acquitte personnellement.

Or il advint que, dans la direction de la gare, un bruit de voix s’éleva, qui prit assez vite des proportions de tumulte. Raoul écouta. Marescal s’était penché et criait, par une fenêtre du couloir, à des gens qui approchaient :