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nul n’y peut pénétrer sans une autorisation.

Le contrôleur s’interposa.

— Ce voyageur fut l’une des victimes de l’attaque. Ils l’ont ligoté et dépouillé.

— Je regrette, dit Marescal. Mais les ordres sont formels.

— Quels ordres ? fit Raoul irrité.

— Les miens.

Raoul se croisa les bras.

— Mais enfin, monsieur, de quel droit parlez-vous ? Vous êtes là qui nous faites la loi avec une insolence que les autres personnes peuvent accepter, mais que je ne suis pas d’humeur à subir, moi.

Le bellâtre tendit sa carte de visite, en scandant d’une voix pompeuse :

— Rodolphe Marescal, commissaire au service des recherches internationales, attaché au ministère de l’intérieur.

Devant de pareils titres, avait-il l’air de dire, on n’a qu’à s’incliner. Et il ajouta :

— Si j’ai pris la direction des événements, c’est d’accord avec le chef de gare, et parce que ma compétence spéciale m’y autorisait.

Raoul, quelque peu interloqué, se contint. Le nom de Marescal, auquel il n’avait pas fait attention, éveillait subitement dans sa mémoire le souvenir confus de certaines affaires où il lui semblait que le commissaire avait montré du mérite et une clairvoyance remarquable. En tout cas, il eût été absurde de lui tenir tête.