Page:Leblanc - La demoiselle aux yeux verts, paru dans Le Journal, du 8 déc 1926 au 18 jan 1927.djvu/271

Cette page a été validée par deux contributeurs.


l’inondation, puisqu’on avait les cahiers du vieux Talençay.

— Oh ! Jodot, ne prononcez pas ce nom-là…

La voix de Guillaume faiblissait. Jodot ricana :

— Poule mouillée, va !

— Rappelez-vous, Jodot. À mon retour à l’hôpital, quand vous êtes venu nous trouver, maman vous a répondu : « Soit. Vous savez où ce diable d’homme, ce Limésy de malheur, a niché Aurélie, et vous prétendez qu’en le surveillant on ira jusqu’au trésor. Soit. Que mon garçon vous donne un coup de main. Mais pas de crime, n’est-ce pas ? pas de sang… »

— Il n’y en a pas eu une goutte, fit Jodot, d’un ton goguenard.

— Oui, oui, vous savez ce que je veux dire, et ce qu’il est advenu de ce pauvre homme. Quand il y a mort, il y a crime… C’est comme pour Limésy et pour Aurélie, direz-vous qu’il n’y a pas crime ?

— Alors, quoi, il fallait abandonner toute cette histoire ? Crois-tu qu’un type comme Limésy t’aurait cédé la place comme ça, pour tes beaux yeux ? Tu le connais pourtant, le damné personnage. Il t’a cassé un bras… il aurait fini par te casser la gueule. Lui ou nous, c’était à choisir.

— Mais Aurélie ?

— Les deux font la paire. Pas moyen de toucher à l’un sans toucher à l’autre.

— La malheureuse…

— Et après ? Veux-tu le trésor, oui ou non ? Ça ne se gagne pas en fumant sa pipe, des machines de ce calibre-là.

— Cependant…