Page:Leblanc - La demoiselle aux yeux verts, paru dans Le Journal, du 8 déc 1926 au 18 jan 1927.djvu/270

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Raoul était venu sans plan précis et avec l’intention d’agir selon les circonstances. N’ayant aucune arme, il jugeait dangereux d’entamer une lutte qui, somme toute, pouvait tourner contre lui. Et, d’autre part, il se demandait si, en cas de victoire, la contrainte et les menaces détermineraient un adversaire comme Jodot à parler, c’est-à-dire à se déclarer vaincu et à livrer des secrets qu’il avait eu tant de mal à conquérir.

Il continua donc de ramper, avec des précautions infinies, et dans l’espoir qu’un mot surpris pourrait le renseigner. Il gagna deux mètres, puis trois mètres. Lui-même, il ne percevait pas le froissement de son corps sur le sol, et ainsi il parvint à un point où les phrases prenaient un sens plus net.

Jodot disait :

— Eh ! ne te fais donc pas de bile, sacrebleu ! Quand nous sommes descendus à l’écluse, le niveau atteignait la cote cinq, qui correspond au plafond de la grotte, et, puisqu’ils n’avaient pas pu sortir, leur affaire était déjà réglée. Sûr et certain, comme deux et deux font quatre.

— Tout de même, fit Guillaume, vous auriez dû vous établir plus près de la grotte, et, de là, les épier.

— Pourquoi pas toi, galopin ?

— Moi, avec mon bras encore tout raide ! C’est tout au plus si j’ai pu tirer.

— Et puis t’as peur de ce bougre-là…

— Vous aussi, Jodot.

— Je ne dis pas non. J’ai préféré les coups de fusil… et le truc de