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poitrine et lui causait une telle souffrance qu’il ne considérait pas comme possible de nager jusqu’à l’écluse. D’ailleurs comment eût-il pu manœuvrer cette écluse, sans connaître l’emplacement du mécanisme ?

Il longea la falaise, en tâtonnant, gagna les marches submergées, et arriva au sentier qui s’accrochait à la paroi.

L’ascension était extrêmement pénible. Il l’interrompit tout à coup. Au loin, à travers la brume, une faible lumière brillait.

Où ? Impossible de le préciser. Était-ce sur le lac ? Au haut des falaises ? En tout cas cela venait d’en face, c’est-à-dire des environs du défilé, c’est-à-dire de l’endroit même d’où les bandits avaient tiré et où l’on pouvait supposer qu’ils campaient. Et cela ne pouvait pas être vu de la grotte, ce qui montrait leurs précautions et ce qui constituait une preuve de leur présence.

Raoul hésita. Devait-il suivre le chemin de terre, subir tous les détours des pics et des vallonnements, monter sur des roches, descendre dans des creux d’où il perdrait de vue la précieuse lumière ? C’est en songeant à Aurélie, emprisonnée au fond du terrifiant sépulcre de granit, qu’il prit sa décision. Vivement, il dégringola le sentier parcouru, et se jeta, d’un élan, à la nage.

Il crut qu’il allait suffoquer. La torture du froid lui paraissait intolérable. Bien que le trajet ne comportât pas plus de deux cents à deux cent cinquante mètres, il fut sur le point d’y renoncer, tellement cela