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— Bizarre, murmura-t-il, d’un air soucieux.

Aurélie avait dû l’entendre. Elle courut au-devant de lui et s’arrêta, stupéfaite.

— Qu’y a-t-il ? demanda Raoul.

— L’eau… prononça-t-elle… comme elle est haute ! Elle était bien plus basse tantôt, n’est-ce pas ?… Il n’y a pas de doute…

— En effet.

— Comment expliquez-vous ?

— Phénomène bien naturel, comme les cloches.

Et, s’efforçant de plaisanter :

— Le lac subit la loi des marées, qui, comme vous le savez, provoquent les alternances du flux et du reflux.

— Mais à quel moment l’avance va-t-elle cesser ?

— Dans une heure ou deux.

— C’est-à-dire que l’eau remplira la moitié de la grotte ?

— Oui. Parfois même la grotte doit être envahie, comme le prouve cette marque noire sur le granit qui est évidemment une cote de niveau extrême.

La voix de Raoul s’assourdit un peu. Au-dessus de cette première cote, il y en avait une autre qui devait correspondre au plafond même de l’abri. Que signifiait-elle, celle-là ? Fallait-il admettre qu’à certaines époques l’eau pouvait atteindre ce plafond ? Mais à la suite de quels phénomènes exceptionnels, de quels cataclysmes anormaux ?

— Mais non, mais non, pensa-t-il, en se raidissant. Toute hypothèse de