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Elle continua :

— Ma mère était assise à votre place, et son père en face de vous. J’embrassais la main de maman. Tenez, cet arbre tout seul, dans cette crevasse, il était là… et aussi ces grosses taches de soleil qui coulent sur cette roche… Et voilà que tout se resserre encore, comme tout à l’heure. Mais il n’y a plus de passage, c’est l’extrémité du lac… Il est allongé, ce lac, et courbé comme un croissant… On va découvrir une toute petite plage qui est à l’extrémité même… Tenez, la voici… avec une cascade à gauche, qui sort de la falaise… Il y en a une deuxième à droite… Vous allez voir le sable… Il brille comme du mica… Et il y a une grotte tout de suite… Oui, j’en suis sûre… Et à l’entrée de cette grotte…

— À l’entrée de cette grotte ?

— Il y avait un homme qui nous attendait… un drôle d’homme à longue barbe grise, vêtu d’une blouse de laine marron… On le voyait d’ici, debout, très grand. Ne va-t-on pas le voir ?

— Je pensais qu’on le verrait, affirma Raoul. Et je suis très étonné. Il est presque midi, et notre rendez-vous était fixé à midi.


XII

L’eau qui monte


Ils débarquèrent sur la petite plage où les grains de sable brillaient au soleil comme du mica. La falaise de droite et la falaise de gauche, en se rejoignant, formaient un angle aigu qui se creusait, à sa partie inférieure, en une petite anfractuosité