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quette trop large, à laquelle était attaché un masque de lustrine noire, essayait de dégager son camarade.

— Hardi, le contrôleur ! cria Raoul exaspéré… voilà du secours !

Mais le contrôleur faiblissait, une de ses mains immobilisée par le plus petit des complices. L’autre homme reprit le dessus et martela la figure de l’employé d’une grêle de coups de poing.

Alors le plus petit se releva, et, comme il se relevait, son masque fut accroché et tomba, entraînant la casquette trop large. D’un geste vif, il se recouvrit de l’un et de l’autre. Mais Raoul avait eu le temps d’apercevoir les cheveux blonds et l’adorable visage, effaré et livide, de l’inconnue aux yeux verts, rencontrée, l’après-midi, dans la pâtisserie du boulevard Haussmann.

La tragédie prenait fin. Les deux complices se sauvèrent. Raoul, frappé de stupeur, assista sans un mot au long et pénible manège du contrôleur qui réussit à monter sur la banquette et à tirer le signal d’alarme.

L’Anglaise agonisait. Dans un dernier soupir, elle balbutia encore des mots incohérents :

— Pour l’amour de Dieu… écoutez-moi… il faut prendre… il faut prendre…

— Quoi ? je vous promets…

— Pour l’amour de Dieu… il faut prendre la sacoche… enlevez les papiers… Jurez…

Elle renversa la tête et mourut…

Le train stoppa.