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la sagesse. J’ai dit. Donne tes ordres. Et adieu.

Marescal rongeait son frein. Il tournait et tordait dans sa main l’une des pointes de sa barbe. Céderait-il ? Allait-il se jeter sur l’adversaire et appeler ses bougres ? « Une tempête sous un crâne, pensa Raoul. Pauvre Rodolphe, à quoi bon te débattre ? »

Rodolphe ne se débattit pas longtemps. Il était trop perspicace pour ne pas comprendre que toute résistance ne ferait qu’aggraver la situation. Il obéit donc, en homme qui avoue ne pouvoir pas ne pas obéir. Il rappela Philippe et s’entretint avec lui. Puis Philippe s’en alla et emmena tous ses camarades, même Labonce et Tony. La porte du vestibule fut ouverte et refermée. Marescal avait perdu la bataille.

Raoul s’approcha d’Aurélie.

— Tout est réglé, mademoiselle, et nous n’avons plus qu’à partir. Votre valise est en bas, n’est-ce pas ?

Elle murmura, comme si elle s’éveillait d’un cauchemar :

— Est-ce possible !… Plus de prison ?… Comment avez-vous obtenu ?…

— Oh ! fit-il avec allégresse, on obtient tout ce qu’on veut de Marescal par la douceur et le raisonnement. C’est un excellent garçon. Tendez-lui la main, mademoiselle.

Aurélie ne tendit pas la main et passa toute droite. Marescal, d’ailleurs, tournait le dos, les deux coudes sur la cheminée et sa tête entre les mains.

Elle eut une légère hésitation en s’approchant de Brégeac. Mais il