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riage de sa fille avec Brégeac, un de ces secrets miraculeux, il sembla l’avoir découvert. Il le prétend du moins dans des lettres écrites à sa fille, en dehors de Brégeac, et, pour le lui prouver, il la fait venir un jour avec la petite Aurélie. Voyage clandestin, dont malheureusement Brégeac eut connaissance, non pas plus tard, comme le croit mademoiselle, mais presque aussitôt. Brégeac alors interroge sa femme. Tout en se taisant sur l’essentiel, comme elle l’a juré à son père, et tout en refusant de révéler l’endroit visité, elle fait certains aveux qui laissent croire à Brégeac qu’Étienne d’Asteux a enfoui quelque part un trésor. Où ? et pourquoi n’en pas jouir dès maintenant ? L’existence du ménage devient pénible. Brégeac s’irrite de jour en jour, importune Étienne d’Asteux, interroge l’enfant qui ne répond pas, persécute sa femme, la menace, bref, vit dans un état d’agitation croissante.

» Or, coup sur coup, deux événements mettent le comble à son exaspération. Sa femme meurt d’une pleurésie. Et il apprend que son beau-père d’Asteux, atteint de maladie grave, est condamné. Pour Brégeac, c’est l’épouvante. Que deviendra le secret, si Étienne d’Asteux ne parle pas ? Que deviendra le trésor si Étienne d’Asteux le lègue à sa petite-fille Aurélie, « comme cadeau de majorité » (l’expression se trouve dans une des lettres) ? Alors, quoi, Brégeac n’aurait rien ? Toutes ces richesses qu’il présume fabuleuses passeraient à côté de lui ? Il faut sa-