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doutable Limésy, absolument rassuré, tu es venu arrêter mademoiselle, ce que tu n’aurais pas osé faire si j’avais été libre. Or il fallait que ce fût fait. Tu entends, Rodolphe, il le fallait. Il fallait cette petite séance entre nous quatre. Il fallait que toutes choses fussent mises au point, pour qu’on n’eût pas à y revenir. Et elles y sont au point, n’est-ce pas ? Comme on respire à l’aise ! Comme on se sent délivré d’un tas de cauchemars ! Comme il est agréable, même pour toi, de penser que, d’ici dix minutes, mademoiselle et moi, nous allons te tirer notre révérence. »

Malgré ce persiflage horripilant, Marescal avait retrouvé son sang-froid. Il voulut paraître aussi tranquille que son adversaire, et, d’un geste négligent, il saisit le téléphone.

— Allô !… La préfecture de police, s’il vous plaît… Allô !… La préfecture ? Donnez-moi M. Philippe… Allô… c’est toi, Philippe ?… Eh bien ?… Ah ! Déjà ! On s’est aperçu de l’erreur ?… Oui, je suis au courant, et plus que tu ne peux croire… Écoute… Prends deux cyclistes avec toi… des bougres !… et vivement ici, chez Brégeac… Tu sonneras… Compris, hein ? Pas une seconde à perdre.

Il raccrocha et observa Raoul.

— Tu t’es découvert un peu tôt, mon petit, dit-il, se moquant à son tour, et visiblement satisfait de sa nouvelle attitude. L’attaque est manquée… et tu connais la riposte. Sur le palier, Labonce et Tony. Ici, Marescal, avec Brégeac, lequel au fond n’a rien à gagner avec toi. Voilà pour le premier