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rescal, elle semblait s’être reprise. Toujours lasse, la physionomie contractée, elle n’avait plus cependant, comme au début de l’attaque, son air de proie impuissante et traquée. Elle gardait cette attitude rigide qu’il lui avait vue sur le banc de Sainte-Marie. Ses yeux, grands ouverts, mouillés de larmes qui coulaient le long de ses joues pâles, étaient fixes. À quoi pensait-elle ? Au fond de l’abîme, parfois, on se redresse. Croyait-elle que lui, Marescal, serait accessible à la pitié ? Avait-elle un plan de défense qui lui permettrait d’échapper à la justice et au châtiment ?

Il heurta la table d’un coup de poing.

— Nous allons bien voir !

Et, laissant de côté la jeune fille, tout contre Brégeac, si près que l’autre dut reculer d’un pas, il lui dit :

— Ce sera bref. Des faits, des faits seulement, dont quelques-uns vous sont connus, Brégeac, comme ils le sont de tous, mais dont la plupart n’ont eu d’autre témoin que moi, ou bien n’ont été constatés que par moi. N’essayez pas de les nier ; je vous les dis tels qu’ils furent, dans leur simplicité. Les voici, en procès-verbal. Donc, le vingt-six avril dernier…

Brégeac tressaillit.

— Le vingt-six avril, c’est le jour de notre rencontre, boulevard Haussmann.

» Oui, le jour où votre belle-fille est partie de chez vous. »

Et Marescal ajouta nettement :

— Et c’est aussi le jour où trois personnes ont été tuées dans le rapide de Marseille.