Page:Leblanc - La demoiselle aux yeux verts, paru dans Le Journal, du 8 déc 1926 au 18 jan 1927.djvu/178

Cette page a été validée par deux contributeurs.


— C’est lui que tu attendais ?

— Oui, fit-elle, l’intonation distraite. Il m’avait promis d’être là… J’étais tranquille… Je lui ai vu accomplir de telles choses… se moquer de Marescal…

— Alors ?… demanda Brégeac.

— Alors, répondit-elle, du même ton égaré, il vaudrait peut-être mieux nous mettre à l’abri… Vous comme moi… Il y a des histoires que l’on pourrait interpréter contre vous… des histoires d’autrefois…

— Tu es folle ! dit Brégeac bouleversé. Il n’y a rien eu… Pour ma part, je ne crains rien.

Malgré ses dénégations, il sortait de la pièce et entraînait la jeune fille sur le palier. Ce fut elle, au dernier moment, qui résista.

— Et puis, non, à quoi bon ? Nous serons sauvés… Il viendra… il s’évadera… Pourquoi ne pas l’attendre ?

— On ne s’évade pas du Dépôt.

— Vous croyez ? Ah ! mon Dieu, quelle horreur que tout cela !

Elle ne savait à quoi se résoudre. Des idées affreuses tourbillonnaient dans son cerveau de convalescente… la peur de Marescal… et puis l’arrestation imminente… la police qui allait se précipiter et lui tordre les poignets.

L’épouvante de son beau-père la décida. Emportée dans un souffle de tempête, elle courut jusqu’à sa chambre et réapparut aussitôt avec un sac de voyage à la main. Brégeac s’était aussi préparé. Ils avaient l’air de deux criminels qui ne peuvent plus rien attendre que d’une fuite éperdue. Ils descendirent l’escalier, traversèrent le vestibule.

À cet instant même, on sonna.