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fit le papier qui enveloppait la bouteille. C’était un litre comme on s’en sert pour les eaux minérales, un vieux litre, sans bouchon, à verre opaque et noir. Sur l’étiquette, sale et poussiéreuse aussi, et qui avait tout de même dû être protégée contre les intempéries, une inscription, en grosses lettres imprimées, se lisait aisément :

eau de Jouvence

Dessous, plusieurs lignes qu’il eut du mal à déchiffrer, et qui constituaient évidemment la formule même de cette Eau de Jouvence :

Bicarbonate de soude. 1, 349 grammes
de potasse. 0,435
de chaux. 1,000
Millicuries, etc., etc…

Mais la bouteille n’était pas vide. À l’intérieur, quelque chose remuait, quelque chose de léger qui faisait le bruit d’un papier. Il retourna le litre, le secoua, rien ne sortait. Alors il y glissa une ficelle terminée par un gros nœud, et ainsi, à force de patience, il extirpa une très mince feuille de papier, roulée en tube et maintenue par un cordon rouge. L’ayant développée, il vit que cela ne constituait guère que la moitié d’une feuille ordinaire, et que la partie inférieure avait été coupée, ou plutôt déchirée de façon inégale. Des caractères y étaient tracés à l’encre, dont beaucoup manquaient, mais qui lui suffirent à former ces quelques phrases :

L’accusation est vraie, et mon aveu est formel : je suis seul responsable du crime commis, et l’on ne doit s’en prendre ni à Jodot, ni à Loubeaux. — Brégeac.

Dès le premier coup d’œil, Raoul