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que. Mais le troisième jour, qui était un dimanche, Raoul surprit Brégeac qui épiait derrière sa fenêtre. Lorsque Jodot partit, Brégeac à son tour le suivit avec d’infinies précautions. Raoul les accompagna de loin. Allait-il connaître le lien qui unissait Brégeac et Jodot ?

Ils traversèrent ainsi, les uns derrière les autres, le quartier Monceau, franchirent les fortifications, et gagnèrent, à l’extrémité du boulevard Bineau, les bords de la Seine. Quelques villas modestes alternaient avec des terrains vagues. Contre l’une d’elles, Jodot déposa sa poche et, s’étant assis, mangea.

Il resta là durant quatre ou cinq heures, surveillé par Brégeac qui déjeunait à trente mètres de distance sous les tonnelles d’un petit restaurant, et par Raoul qui, étendu sur la berge, fumait des cigarettes.

Quand Jodot partit, Brégeac s’éloigna d’un autre côté, comme si l’affaire avait perdu tout intérêt, et Raoul entra au restaurant, s’entretint avec le patron, et apprit que la villa, contre laquelle Jodot s’était assis, appartenait, quelques semaines auparavant, aux deux frères Loubeaux, assassinés dans le rapide de Marseille par trois individus. La justice y avait mis les scellés et en avait confié la garde à un voisin, lequel, tous les dimanches, allait se promener.

Raoul avait tressailli en entendant le nom des frères Loubeaux. Les manigances de Jodot commençaient à prendre une signification.

Il interrogea plus à fond et sut