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Brégeac et Jodot ne m’inquiètent pas, tant qu’Aurélie sera malade. Reste Marescal. Voilà l’ennemi à surveiller.

Il y avait, face à l’hôtel de Brégeac, un logement vacant. Raoul s’y installa. D’autre part, puisque Marescal employait la garde, il épia la femme de chambre et la soudoya. Trois fois, en l’absence de la garde, cette femme l’introduisit auprès d’Aurélie.

La jeune fille ne semblait pas le reconnaître. Elle était encore si affaiblie par la fièvre qu’elle ne pouvait dire que quelques mots sans suite et, de nouveau, fermait les yeux. Mais il ne doutait pas qu’elle l’entendît, et qu’elle sût qu’il lui parlait ainsi de cette voix douce qui la détendait et l’apaisait comme une passe magnétique.

— C’est moi, Aurélie, disait-il. Vous voyez que je suis fidèle à ma promesse et que vous pouvez avoir toute confiance. Je vous jure que vos ennemis ne sont pas capables de lutter contre moi et que je vous délivrerai. Comment en serait-il autrement ? Je ne pense qu’à vous. Je reconstruis votre vie, et elle m’apparaît peu à peu, telle qu’elle est, simple et honnête. Je sais que vous êtes innocente. Je l’ai toujours su, même quand je vous accusais. Les preuves les plus irréfutables me semblaient fausses : la demoiselle aux yeux verts ne pouvait pas être une criminelle.