Page:Leblanc - La demoiselle aux yeux verts, paru dans Le Journal, du 8 déc 1926 au 18 jan 1927.djvu/101

Cette page a été validée par deux contributeurs.


neuve sans même recevoir un morceau de sucre en récompense. Quand Lupin s’engage sur une route, il va jusqu’au bout, et ne manque jamais d’atteindre son but. Son but, c’est toi, ce sont tes yeux verts, et ce sont tes lèvres tièdes.

Il laissa Guillaume avec son landau et se hâta vers la gare. Le train arrivait. Il monta de manière à n’être pas vu de la jeune fille. Deux compartiments, remplis de monde, les séparaient.

Ils quittèrent la grande ligne à Lourdes. Une heure après, Pierrefitte-Nestalas, station terminus.

À peine était-elle descendue qu’un groupe de jeunes filles, toutes habillées pareillement de robes marron avec une pèlerine bordée d’un large ruban bleu en pointe, se précipitèrent sur elle, suivies d’une religieuse que coiffait une immense cornette blanche.

— Aurélie ! Aurélie ! la voilà ! criaient-elles toutes ensemble.

La demoiselle aux yeux verts passa de bras en bras, jusqu’à la religieuse qui la serra contre elle affectueusement, et qui dit avec joie :

— Ma petite Aurélie, quel plaisir de vous voir ! Alors, vous voilà pour un bon mois avec nous, n’est-ce pas ?

Un break, qui faisait le service des voyageurs entre Pierrefitte et Luz, attendait devant la station. La demoiselle aux yeux verts s’y installa avec ses compagnes. Le break partit.

Raoul, qui s’était tenu à l’écart, loua une victoria pour Luz.