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— Il y en à une, mon colonel, et elle est inévitable. Je ne la cherche pas, mais la guerre est longue. Autour de moi, tous les hommes tombent. Un jour ou l’autre, ce sera mon tour, et ainsi tout s’arrangera. Le père Dalbrecq aura le droit de pleurer son fils. En attendant, qu’il soit heureux !… Nous sommes d’accord, mon colonel ?

— Oui.

— Le bonhomme ne viendra pas ici ?

— Non.

— Et vous continuerez à m’appeler quand vous aurez besoin d’un gaillard qui n’a pas froid aux yeux ?

— Oui.

— Je vous remercie, mon colonel.

Et le sergent Dalbrecq, ayant fait le salut militaire, pivota sur ses talons et regagna sa tranchée.