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GENTLEMAN-CAMBRIOLEUR

— J’y déjeune.

— Vous y déjeunez !

— Tu ne voudrais pas, j’espère, que j’eusse exposé gratuitement des jours aussi précieux que les miens ? J’ai arraché M. Ludovic Imbert à la mort certaine que tu lui réservais. M. Ludovic Imbert est une nature reconnaissante. Il m’invite à déjeuner.

Un silence, et l’autre hasarda :

— Alors, vous n’y renoncez pas ?

— Mon petit, fit Arsène, si j’ai machiné la petite agression de cette nuit, si je me suis donné la peine, à trois heures du matin, le long des fortifications, de t’allonger un coup de canne sur le poignet et un coup de pied sur le tibia, risquant ainsi d’endommager mon unique ami, ce n’est pas pour renoncer maintenant au bénéfice d’un sauvetage si bien organisé.

— Mais les mauvais bruits qui courent sur la fortune…

— Laisse-les courir. Il y a six mois que je poursuis l’affaire, six mois que je me renseigne, que j’étudie, que je tends mes filets, que j’interroge les domestiques, les prêteurs et les hommes de paille, six mois que je vis dans l’ombre du mari et de la femme. Par conséquent je sais à quoi m’en tenir. Que la fortune provienne du vieux Brawford, comme ils le