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Jardin du boulevard Doret, à Saint-Denis. — Dessin de Riou d’après une photographie de M. Lamèle.



VOYAGE À L’ÎLE DE LA RÉUNION

(ÎLE BOURBON).

PAR M. L. SIMONIN.
1860. — TEXTE ET DESSINS INÉDITS




I

SAINT-DENIS.

De Paris à Saint-Denis. — Premier aspect de la ville. — Le boulevard Doret. — La végétation des tropiques. — Le ruisseau des Noirs. — La rivière de Saint-Denis. — Les danses de la place Candide. — La statue de la Bourdonnais et la rue de Paris. — Le jardin du roi. — M. Richard. — La feuille de grenade et la fleur de bismuth. — M. Prudhomme, empailleur et voltairien.

De Paris à Saint-Denis, le chemin le plus court n’est pas toujours le plus agréable, et tandis que les uns prennent le chemin de fer du Nord, je pris celui de Paris à Lyon et à la Méditerranée qui me conduisit jusqu’à Marseille. Il est vrai que tout chemin mène à Rome, et qu’aussi, il faut le dire, le Saint-Denis ou je me dirigeais n’est pas cette sous-préfecture de la Seine, dernière demeure de nos rois, mais bien la capitale de l’île Bourbon, aujourd’hui la Réunion. J’allais aux îles, comme on dit à Paris quand on s’embarque pour les colonies lointaines.

Je partis de Marseille, le 28 février 1861, sur le paquebot anglais Valetta. Il y avait à bord toute une cargaison humaine en route vers Malte et l’Égypte. Le chemin de fer inter-maritime nous transporta d’Alexandrie au Caire et du Caire à Suez.

De Suez à Aden, sur la côte d’Arabie, d’Aden aux Seychelles, archipel jadis français, de là à l’île Maurice, notre ancienne île de France, dont la capitale s’appelle toujours Port-Louis, et enfin de Port-Louis à Saint-Denis, le vapeur anglais Nepaul nous promena comme l’eût fait une locomotive, et le 28 mars au matin,