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Hadji… pour-moi, je serais déshonoré si j’hésitais à combattre ; je résisterai donc avec toi jusqu’à la mort.

« Mais nous avons ici, ajouta-t-il, une foule de Bambaras ; ces hommes ne m’inspirent aucune confiance ; prenez garde ! ils pourraient bien vous trahir ; ils fuient depuis longtemps devant Al-Hadji ; le nom seul de ce marabout les terrifie… vous devriez les chasser… »

Ancien fort de Richard-Toll, à cent vingt kilomètres de Saint-Louis. — Dessin de E. de Bérard d’après Nouveaux.

Paul Holl répugnait fortement à cette extrémité ; la générosité française lui commandait de ne pas livrer à une mort certaine ces malheureux suppliants : cependant la prudence lui commandait d’étudier leurs dispositions ; il les réunit donc en conférence publique et leur dit :

« Je ne veux autour de moi que des hommes décidés à combattre jusqu’à la mort : voyez ! il est temps encore de vous éloigner… mais s’il vous convient de rester, sachez-le bien et ne l’oubliez pas, une fois le siége commencé, ]e traiterai en ennemi, je briserai par le canon tous ceux qui manifesteront la moindre hésitation !!! »

Après un court moment de réflexion les Bambaras répondirent :

« Nous resterons ; nous avons confiance en toi ; nous savons que les Français ne manquent jamais à leur parole ; nous n’en dirions pas autant des Kassonkès ! nous saurons sil le faut, mourir ici… il y a trop longtemps déjà que nous sommes errants devant notre ennemi !!! »

Fort de Lampsar dans le Qualo, à vingt-quatre kilomètres de Saint-Louis. — Dessin de E. de Bérard d’après Nouveaux.

Paul Holl, voyant leur résolution, se décida à les garder et n’eut pas à s’en repentir.