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constitutions sociales de l’Occident. L’état de dépendance réciproque qui régnait au moyen âge entre le seigneur, le vassal et le tenancier, fut remplacé peu peu par l’indépendance individuelle des propriétaires de tout rang. Partout cette transformation s’opéra par les mêmes moyens par le travail et l’épargne appliqués sans relâche au rachat des redevances féodales qui avaient été d’abord l’équivalent de la concession des usufruits du sot.

Quant aux cités commerçantes, qui dataient de la domination romaine ou qui se créèrent au moyen âge, elles se placèrent généralement sous la suzeraineté des membres supérieurs de la hiérarchie féodale, en s’obligeant à payer un impôt pour prix de la protection qui leur était accordée. Dans ces communes urbaines, les bourgeois avaient la libre possession de leurs foyers, de leurs biens mobiliers et de leur banlieue rurale. Ils n’avaient pas la stabilité des familles rurales proprement dites. Cependant ils parvenaient, en certaines villes, à l’aide du testament, à constituer des familles-souches qui se conservèrent, pendant des siècles, dans les mêmes foyers, tout en attribuant à leurs rejetons des établissements convenables[1]. Beaucoup de

  1. Voir les belles études de M. O. Teissier sur la transmission régulière des foyers de famille à Toulon (Var), depuis le moyen âge jusqu’à la révolution de 1789. (Histoire de Toulon au moyen