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espagnoles, les naissances appartenant à deux générations successives ont lieu simultanément pendant quelques années.

Le testament et la coutume s’unissent, comme je l’ai dit ci-dessus, pour assurer la plus grande somme de dignité et de bien-être aux individus de chaque génération, et aux générations successives considérées dans leur ensemble. Ces influences règnent surtout chez les paysans[1]. Le loyer et le domaine qui l’entoure reste la propriété inaliénable du père de famille, des aïeux survivants et de l’héritier. Les produits annuels du domaine pourvoient à deux sortes de destinations aux intérêts généraux de la famille, aux besoins particuliers de ses membres. Les premiers comprennent l’entretien du tombeau des ancêtres, la célébration des anniversaires religieux perpétuant leur mémoire, la conservation de leurs images et des objets liés au souvenir de leurs bonnes actions, l’entretien du foyer et de ses dépendances, le payement des charges imposées à la famille envers l’État, le gouvernement local, la paroisse et les corporations de bien public[2]. Les seconds se rattachent à deux groupes principaux de dépenses à la subsistance journalière de la famille et à l’éducation

  1. Voir la définition des paysans, ci-après § 33.
  2. L’Organisation du travail, p. 414.