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de famille, justifient cette transmission de l’autorité. Elles s’inspirent des préceptes donnés pour épigraphes aux Livres I et II, et elles constatent souvent que le dévouement de la mère de famille a créé la prospérité de la maison. Toutefois le testament subordonne cette délégation d’autorité à l’accomplissement de deux devoirs principaux : à la continuation des soins dus aux enfants et à la conservation de l’état de veuvage[1]. Enfin le testament fixe toujours la dot des frères et sœurs selon la coutume, en raison de l’épargne annuelle de la communauté.

La famille-souche est l’institution par excellence des peuples sédentaires. Elle atteint le plus haut degré de perfection chez les races fécondes, frugales, vouées à un travail assidu. Elle offre ce caractère dans les États scandinaves, le Holstein, le Hanovre, la Westphalie, la Bavière méridionale, le Salzbourg, la Carinthie, le Tyrol, les petits cantons suisses, le nord de l’Italie et de l’Espagne. Elle est encore représentée en France par d’admirables modèles. Partout, et particulièrement chez les races rurales, la naissance des enfants offre une complète continuité. Les premiers-nés de l’héritier suivent immédiatement les derniers nés de ses parents. Parfois même, dans les Pyrénées françaises et

  1. Voir, par exemple : Caractères généraux de la famille-souche en Catalogne. (La Réforme sociale, Document F.)