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et de la femme[1] sache faire leur part aux aspirations modernes dans ce qu’elles ont de légitime, et faire marcher le développement, matériel de front avec une meilleure pratique de la loi morale ?

L’étude des Coutumes serait aujourd’hui une tâche féconde pour nous faire connaître le passé et dissiper à son endroit bien des erreurs, comme aussi pour préparer et éclairer l’avenir. « Le moyen âge n’est encore guère connu, » a dit un de nos savants qui le connaissait le mieux[2]. Il ne sera bien connu que lorsque l’on aura partout recherché et retrouvé les vieux usages populaires.

Ces usages ont entre eux plus d’un lien de famille, si bien que, dans des contrées fort éloignées, ils présentent des dispositions identiques, comme les études sur le Lavedan en ont déjà fourni plusieurs exemples. Cependant chaque pays les marque de son cachet spécial, « C’est ainsi, dit poétiquement M. de Lagrèze, que dans les fors pyrénéens, j’ai cru trouver un parfum des douces vallées où la vie s’écoule obscure et paisible, un souffle de l’air pur des hautes montagnes, où l’homme, dans les sereines solitudes, garde plus de liberté et de fierté[3]. »

  1. L’Organisation du travail, § 31. — La Réforme sociale, 26 et 27.
  2. Léopold Delisle, Études sur la condition de la classe agricole en Normandie au moyen âge.
  3. De Lagrèze, Histoire du droit dans les Pyrénées, p. 31.