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Cette antiquité des Coutumes obéies pendant des siècles, ce long respect qu’on leur témoigne, forment un éclatant contraste avec l’incessante mobilité de nos lois, aussitôt battues en brèche qu’édictées. On comprend bien que notre société moderne, étant plus compliquée que celle du moyen âge, exige aussi des rouages plus nombreux, et fournisse une plus abondante matière législative. Mais à voir ces lois d’hier, abrogées aujourd’hui, cette puissance qui légifère et règlemente en quelque sorte à jet continu, ces bulletins de lois qui remplissent les bibliothèques et rendent de plus en plus improbable et fictif l’axiome que nul n’est censé ignorer la loi, n’est-on pas tenté de regretter cette stabilité des fors, fidèle reflet de la fixité des idées et des mœurs ? Notre siècle s’épuise en recherches fiévreuses, haletantes, parfois insensées et coupables il essaye de toutes les formes et les rejette toutes, non sans ébranler et désagréger les assises mêmes de la société. Ce travail de destruction n’aura-t-il pas bientôt son terme ? Entre la pétrification du passé et l’ébullition révolutionnaire du présent, ne pourrons-nous donc atteindre ce régime d’équilibre qui, inspiré du Décalogue, ayant ses racines dans la Coutume, et prenant pour base le respect de Dieu, du père

    parts ou par la loi ou par le préfet ? » (L’École municipale et le Suffrage universel. — Le Contemporain, 1er mars 1874.)